Auditer un devis d’application mobile
Publié le
10 questions pour lire un devis. Trois d’entre elles s’appuient sur un chiffre du corpus — le premier quartile, le coût au mois, le nombre de marchés à une offre — jamais sur une note de prestataire, jamais sur la médiane du corpus entier, qui a sa page : le prix mesuré.
Ce que cet audit n’est pas
Ce n’est pas un classement. Ce n’est pas une checklist de mérite ressenti. C’est une lecture d’objet : si deux devis ne portent pas le même périmètre, comparer leurs montants est une erreur de catégorie. Source primaire : Données essentielles de la commande publique (decp-2022-marches-valides et decp-v3-marches-valides, data.economie.gouv.fr), relevé le 12 septembre 2026, qualifié selon la méthodologie. Fichiers reproduits octet pour octet : corpus retenu et corpus d'exclusion.
Les questions
1. Le périmètre écrit est-il le même que celui du devis ?
Hors-ligne, stores, back-office, notifications, authentification, SLA : chaque item absent du CDC et présent (ou oublié) dans le devis rend le montant incomparable. Sans cahier des charges commun, l’audit compare deux objets, pas deux prix.
2. Si le devis est sous le premier quartile du corpus, que n’a-t-on pas cadré ?
Le premier quartile des montants notifiés de ce corpus vaut 50 000 € (relevé le 12 septembre 2026). Un devis nettement en dessous n’est pas « une bonne affaire » tant que l’objet n’est pas le même : stores, hors-ligne, TMA, durée. La question n’est pas « pourquoi si peu ? » mais « qu’est-ce qui n’est pas dans le prix ? ». Le quartile vit sur la page prix ; cette page ne republie pas la médiane du corpus entier.
3. Le montant est-il ramené à une durée ?
Un même total sur trois mois et sur trois ans n’a pas le même prix. Le corpus publie un coût au mois de projet : 4 167 € sur n = 221. Voir le coût au mois. Si le devis n’a pas de calendrier, demander le découpage par jalon avant de comparer le total à quoi que ce soit.
4. Combien de candidats réellement en lice — et qu’est-ce que ça ne dit pas ?
Ce corpus compte n = 31 marchés à une seule offre et n = 49 à quatre offres ou plus. L’indice de tension n’établit aucune direction robuste entre ce nombre et le prix. Un devis « seul en lice » n’est donc ni la preuve d’un prix gonflé, ni la preuve d’un prix juste. C’est un fait de procédure, à noter, pas un verdict.
5. La maintenance est-elle un marché, ou une ligne unique ?
Correctif, évolutif, astreinte, hébergement, comptes stores : médiane 104 000 € sur n = 95. Voir le budget de maintenance. Une ligne « TMA comprise » sans durée ni niveau de service n’est pas auditable.
6. Le devis distingue-t-il les plateformes — ou les recouvre ?
Dans ce corpus, les marchés qui nomment iOS nomment aussi Android : ce n’est pas deux stacks qui s’opposent, c’est presque toujours la même commande. Voir ce que les marchés nomment comme stack. Un devis qui vend « iOS » et « Android » comme deux projets indépendants doit justifier le doublement, pas le présupposer.
7. Qui possède le code, les comptes stores et les données à la recette ?
Le montant notifié d’un marché public déjà attribué ne dit rien de la réversibilité. Un devis qui garde le dépôt, le compte Apple ou les jeux de données côté prestataire transforme un forfait en dépendance. Demander le sort de ces trois actifs, par écrit, avant de signer.
8. Les critères d’acceptation sont-ils testables sans interpréter ?
« Application fluide », « design moderne », « scalable » ne se recoivent pas. Un critère d’acceptation nomme un appareil, une mesure, un jeu de données de test. Sans cela, le dernier avoir du prestataire est l’interprétation — et le montant du devis n’y change rien.
9. Le montant lu est-il un prix ferme ou un plafond d’accord-cadre ?
Les DECP notifient parfois un plafond multi-attributaire : plusieurs titulaires, chacun jusqu’au même montant, qui n’est pas le prix d’une application livrée. Voir le corpus, marché par marché. Un devis privé qui mime ce plafond (« jusqu’à … ») n’est pas un prix ; c’est un autorisation de dépenser.
10. Qu’est-ce que ce corpus ne peut pas valider ?
Un projet privé, un TJM, une stack non nommée dans l’objet, un avenant après notification. Source primaire : Données essentielles de la commande publique (decp-2022-marches-valides et decp-v3-marches-valides, data.economie.gouv.fr), relevé le 12 septembre 2026, qualifié selon la méthodologie. Fichiers reproduits octet pour octet : corpus retenu et corpus d'exclusion. La méthodologie dit comment le tri est fait ; cette page ne remplace pas ce tri par une note de mérite.
Après les réponses
Si le périmètre est écrit et commun, si la durée est posée, si la TMA a un objet : alors seulement le montant se lit. Le renvoyer à la distribution publique donne un ordre de grandeur, pas un verdict. Un devis hors quartile n’est ni « gonflé » ni « cassé » tant que l’objet n’est pas le même.
Pour rédiger le document que tous les candidats reçoivent : le cahier des charges.